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Face aux GAFAM, une start-up mise sur le cloud européen et la souveraineté

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Face aux géants américains du cloud, un entrepreneur a choisi la voie de la souveraineté numérique. Pour sa plateforme de vente de pièces automobiles, il a construit une infrastructure entièrement basée sur des solutions européennes. Un pari audacieux qui remet en question la domination des GAFAM.

Un défi motivé par la souveraineté des données

Le fondateur de Hank.parts, marketplace européenne de pièces détachées automobiles, a relevé un défi de taille : bâtir son infrastructure IT sans recourir aux mastodontes habituels. Son expérience, détaillée sur la page de la SSII Coinerella, illustre une volonté de reprendre le contrôle.

Plusieurs raisons ont motivé ce choix radical. La conformité avec le RGPD, la souveraineté des données, l’indépendance vis-à-vis des trois grands fournisseurs de cloud, et, selon ses propres mots, « un peu d’entêtement ».

L’auto-hébergement comme philosophie

Plutôt que de multiplier les abonnements SaaS, l’entrepreneur a opté pour l’auto-hébergement de nombreux services critiques. Une démarche qui garantit un contrôle total sur les données et évite la dépendance aux changements tarifaires des éditeurs.

Comme il l’explique : « cela signifie que mes données restent exactement là où je les ai placées et que je ne suis pas à la merci des changements de prix ou des opérations d’acquisition d’un fournisseur ».

Une palette d’outils open source

L’ensemble repose sur un cluster Kubernetes piloté par Rancher. Parmi les solutions déployées figurent Gitea pour le partage de code, Plausible pour l’analytique, Tutanota pour la messagerie, Twenty CRM pour la relation client, Infisical pour la gestion des secrets, et Bugsink pour le traçage des erreurs.

Des prestataires européens soigneusement sélectionnés

Pour le calcul et le stockage, le fondateur a fait confiance à Hetzner, acteur allemand proposant équilibreurs de charge, machines virtuelles et stockage d’objets compatible S3. Scaleway complète le dispositif avec sa messagerie transactionnelle, son Container Registry, un second bucket S3, l’observabilité et l’enregistrement des noms de domaine.

Bunny.net pour la diffusion de contenu

Le CDN slovène Bunny.net assure le stockage distribué, le DNS, l’optimisation d’images, le WAF et la protection DDoS. L’entrepreneur salue ses performances : « Leur réseau edge est vraiment impressionnant et leur tableau de bord est un vrai plaisir à utiliser ».

Sécurité et intelligence artificielle

Pour la gestion des identités, Hanko, solution allemande, remplace Auth0 ou Clerk en gérant mots de passe, connexion via réseaux sociaux et administration des utilisateurs. Côté IA, Nebius fournit la puissance GPU nécessaire sans transiter par des serveurs américains.

Les obstacles d’une migration totale

Abandonner GitHub a représenté l’un des principaux défis. « Si vous êtes un adepte de l’écosystème GitHub (Actions, Issues, workflows de revue de code, réseau social…), le quitter, c’est comme partir d’une ville où l’on a vécu pendant dix ans », confie l’entrepreneur.

Cette transition a nécessité de reconstruire entièrement les pipelines CI/CD, revoir les intégrations considérées comme acquises et abandonner certains automatismes ancrés dans les habitudes quotidiennes.

Des tarifs parfois surprenants

Les prix des noms de domaine peuvent fluctuer significativement selon les bureaux d’enregistrement européens, avec des majorations pouvant atteindre deux à trois fois le tarif habituel.

Des dépendances américaines inévitables

Malgré cette infrastructure européenne, certaines technologies américaines demeurent incontournables. Google Ads reste indispensable pour l’acquisition de clients, tandis que le programme développeur d’Apple s’impose pour la distribution d’applications mobiles.

Ces deux géants constituent des portes d’entrée obligatoires pour accéder aux réseaux sociaux et obtenir de la visibilité. L’IA, dominée par OpenAI et Anthropic, représente un autre secteur où les acteurs américains restent hégémoniques.

Un bilan positif malgré les contraintes

L’expérience se révèle globalement concluante selon son initiateur. « Les coûts d’infrastructure sont inférieurs à ce qu’ils seraient sur AWS », affirme-t-il, tout en soulignant que « la résidence de mes données est parfaitement claire ».

Ce modèle exige néanmoins des efforts considérables et a demandé plus de temps que prévu. Une démonstration que l’autonomie numérique européenne, bien que réalisable, nécessite détermination et investissement.

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