Révolution technologique : la Cnaf adopte Catala pour fiabiliser le versement social
Face aux enjeux de fiabilité et de transparence dans le versement des prestations sociales, la Caisse nationale des allocations familiales amorce un virage technologique majeur. L’organisme qui gère chaque année plus de 110 milliards d’euros pour près de 14 millions de foyers français s’engage dans une transformation numérique ambitieuse.
Un partenariat stratégique avec l’Inria pour transformer le calcul des prestations
La Cnaf vient de signer une convention de partenariat avec l’Inria, l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique. L’objectif : intégrer Catala, un projet de recherche open source innovant, au cœur de ses systèmes d’information.
Ce langage de programmation a été spécialement conçu pour traduire le droit en code informatique de manière fiable et explicable. Une révolution pour les administrations qui jonglent quotidiennement avec des milliers de règles juridiques complexes.
Pourquoi abandonner le Cobol après tant d’années
Le moteur de règles actuel de la Cnaf, développé en interne, repose sur des technologies vieillissantes. « Développé en interne et basé sur du Cobol », précise Laurent Tréluyer, directeur général adjoint en charge des systèmes d’information, interrogé en février 2026.
Ce système central, bien que fonctionnel, ne répond plus aux exigences de modernité et d’agilité nécessaires pour accompagner les réformes successives des prestations sociales.
Des enjeux financiers considérables
Les systèmes d’information du réseau des Caisses d’allocations familiales assurent le versement annuel d’environ 110 milliards d’euros de prestations sociales à plus de 13,6 millions de foyers allocataires.
Une telle responsabilité impose une fiabilité absolue dans les calculs et une capacité d’adaptation rapide aux évolutions législatives.
Catala : un projet inspiré par les besoins de la DGFiP
L’initiative n’est pas totalement inédite dans le paysage administratif français. La Direction générale des finances publiques avait identifié un besoin similaire pour moderniser le langage M, utilisé depuis des décennies pour calculer l’impôt.
Confrontée à un paysage de législation fiscale ancien et des technologies obsolètes, la DGFiP a contribué à l’émergence de cette réflexion sur la traduction algorithmique du droit.
Une année de réflexion avant la décision
La Cnaf n’a pas précipité son choix. L’organisme a mené un comparatif approfondi d’un an avant de retenir la solution Catala parmi les différentes options étudiées.
Les multiples avantages de la solution open source
En s’engageant dans ce projet open source, l’administration poursuit plusieurs objectifs stratégiques. Elle souhaite d’abord obtenir une plus grande maîtrise de l’outil et ouvrir son utilisation à d’autres administrations.
La modularisation des moteurs par prestation représente également un atout majeur. « Renforçant ainsi notre agilité et notre capacité à répondre plus rapidement aux réformes et évolutions réglementaires », souligne Laurent Tréluyer.
Souveraineté et réduction des risques
« La souveraineté faisait également partie de nos critères de choix lors de cette sélection », rappelle le directeur général adjoint.
Il ajoute : « C’est aussi une manière de réduire le risque lié à l’investissement sur cette solution, dont nous sommes les premiers utilisateurs ».
Un déploiement progressif et maîtrisé
La Cnaf a prévu d’allouer des ressources humaines spécifiques à ce projet ambitieux. Deux personnes seront dédiées à Catala dès cette année, rejointes par deux autres collaborateurs en 2027.
Ces équipes travailleront en étroite collaboration avec une équipe spécialisée dans l’implémentation et l’utilisation du moteur, garantissant ainsi une transition réussie vers ce nouveau système.



Laisser un commentaire