Sécuriser les données des collectivités : Lyon lance un cloud souverain innovant
Face à la multiplication des cyberattaques et aux enjeux de souveraineté numérique, les collectivités territoriales cherchent des solutions d’hébergement fiables. Une centrale d’achat informatique basée à Lyon prend les devants en proposant un dispositif ambitieux qui bouscule les habitudes du marché public.
Un dispositif souverain pour protéger les données publiques
La Canut, Centrale d’achat du numérique et des télécoms, vient d’élargir son périmètre d’action. Elle déploie un accord-cadre innovant dédié au cloud et à l’hébergement, avec une particularité : privilégier les acteurs français et européens.
Vincent Deleau, directeur général de la Canut, affiche clairement les ambitions : « Notre objectif premier est que ce marché public « cloud et hébergement » ne soit pas accaparé par de grands industriels américains, mais au contraire destiné à des hébergeurs qui nous garantissent des données stockées dans un cadre SecNumCloud ou un hébergement non soumis à des règles d’extraterritorialité. »
Ce positionnement répond directement aux menaces croissantes pesant sur les infrastructures numériques des administrations. L’accord-cadre vise à offrir un catalogue d’hébergements souverains et sécurisés, assorti d’un modèle tarifaire attractif pour toutes les collectivités.
Une architecture complexe déclinée en 22 lots
Le marché, ouvert jusqu’au 17 avril, se structure autour d’une architecture ambitieuse. La désignation des titulaires de l’ensemble des lots est prévue d’ici mai.
L’accord-cadre comprend 22 segments distincts pour la fourniture, l’intégration et l’exploitation d’infrastructures. Parmi eux, 19 lots régionaux ont été créés pour délivrer des services d’hébergement adaptés à la localisation géographique des collectivités.
Des datacenters de proximité
Cette organisation permet notamment d’accéder au catalogue d’OVH, y compris à OPCP (On prem cloud platform) via des lots régionalisés. Cette solution englobe le déploiement, l’automatisation et la maintenance d’environnements cloud on premise, avec hébergement des infrastructures dans un datacenter local.
L’approche privilégie les fournisseurs français ou européens, garantissant un contrôle direct et des datacenters de proximité. Le périmètre englobe des prestations variées, du service managé au PaaS et IaaS.
La souveraineté comme critère principal
Vincent Deleau le confirme : « C’est une proposition qui se démarque par son orientation souveraine, un critère qui représente la principale exigence du cahier des charges de l’accord-cadre pour les candidats souhaitant y participer. »
Cette orientation répond aux préoccupations des collectivités face aux législations extraterritoriales qui peuvent contraindre certains hébergeurs à transmettre des données à des juridictions étrangères.
Premiers attributaires et intelligence artificielle de confiance
Le lot 1, à dimension nationale, a été confié à Cheops Technology et Cloud Temple. Ces infrastructures disposent des certifications SecNumCloud et HDS (hébergeur de données de santé).
Ce lot intègre une particularité : une offre de LLM as a service. Christophe Lombard, président de la Canut, évoque une IA de confiance « qui va aider à augmenter le niveau de productivité des collectivités par l’utilisation d’agents qui se basent sur des données situées dans des datacenters privés ».
Montée en maturité sécuritaire
Également directeur de la transformation numérique et de la relation citoyenne du département des Hautes Alpes, Christophe Lombard souligne : « C’est aussi une façon de faire monter l’hébergement de données de la sphère publique vers des offres au plus haut niveau de maturité en matière de sécurité ».
D’autres attributaires ont déjà été identifiés : Alpilink et Free Pro pour la zone Auvergne-Rhône-Alpes Est, et Asten Group pour la Bretagne.
Une stratégie globale autour de l’intelligence artificielle
La Canut ne s’arrête pas à l’hébergement. Il y a un an, elle a lancé un marché public spécifiquement consacré à l’IA, centré sur des prestations de formation et d’acculturation.
Ce dispositif accompagne la réalisation de PoC (Proof of Concept) pour valider des cas d’usage concrets. Christophe Lombard insiste sur la nécessité de cartographier les cas d’usage avant tout déploiement, de démontrer leur efficacité pour garantir un retour sur investissement, et de former les équipes à l’IA.
Cette approche méthodique vise à éviter les investissements hasardeux et à maximiser les bénéfices de ces technologies émergentes pour les administrations locales.



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