Souveraineté numérique : un nouvel accord pour contrer les géants du cloud
Face à la domination des acteurs américains du cloud, la Centrale d’achat du numérique et des télécoms intensifie sa stratégie de souveraineté numérique. Un nouvel accord-cadre vient enrichir l’arsenal des collectivités françaises en quête d’autonomie technologique et de protection des données.
Un dispositif ambitieux pour la souveraineté numérique
La Canut déploie une offre structurée autour de 41 lots, dont 22 à l’échelle nationale et 19 répartis par région. Cette architecture vise à couvrir l’ensemble des besoins en infrastructure et hébergement des acteurs publics.
Le périmètre englobe des prestations variées : fourniture, intégration et exploitation d’infrastructures d’hébergement ainsi que leurs services annexes. Les collectivités pourront accéder à des solutions de services managés, PaaS et IaaS.
Des datacenters de proximité privilégiés
L’allotissement régionalisé garantit notamment l’accès au catalogue d’OVH, incluant la solution OPCP (On prem cloud platform). Les fournisseurs retenus sont exclusivement français ou européens, avec des centres de données locaux sur lesquels les acquéreurs conservent un contrôle direct.
Une position ferme contre l’extraterritorialité
Vincent Deleau, directeur général de la Canut, affiche une ambition sans ambiguïté : « Notre objectif premier est que ce marché public « cloud et hébergement » ne soit pas accaparé par de grands industriels américains, mais au contraire destiné à des hébergeurs qui nous garantissent des données stockées dans un cadre SecNumCloud ou un hébergement non soumis à des règles d’extraterritorialité. »
Cette orientation souveraine constitue le critère principal du cahier des charges imposé aux candidats souhaitant participer à l’accord-cadre.
Vincent Deleau précise : « C’est une proposition qui se démarque par son orientation souveraine, un critère qui représente la principale exigence du cahier des charges de l’accord-cadre pour les candidats souhaitant y participer. »
Premières attributions et calendrier
Le lot 1, de dimension nationale, revient à Cheops Technology et Cloud Temple. Ces deux acteurs proposeront des infrastructures certifiées SecNumCloud et HDS, assorties d’une offre de LLM as a service.
Des attributions régionales déjà effectives
D’autres lots ont déjà trouvé preneurs : Alpilink et Free Pro se partagent la zone Auvergne-Rhône-Alpes Est, tandis qu’Asten Group décroche la région Bretagne.
L’ensemble des titulaires sera désigné d’ici mai prochain. Le marché reste ouvert aux candidatures jusqu’au 17 avril.
L’intelligence artificielle au service des collectivités
Christophe Lombard, président de la Canut, évoque une IA de confiance « qui va aider à augmenter le niveau de productivité des collectivités par l’utilisation d’agents qui se basent sur des données situées dans des datacenters privés. »
Cette dimension s’inscrit dans une démarche plus globale visant à élever le niveau de sécurité de l’hébergement des données publiques.
Un marché dédié lancé il y a un an
La Canut a initié un marché public spécifiquement consacré à l’intelligence artificielle douze mois auparavant. Centré sur la formation et l’acculturation, il accompagne la réalisation de PoC (Proof of Concept) pour différents cas d’usage.
Christophe Lombard insiste sur la méthodologie : « C’est aussi une façon de faire monter l’hébergement de données de la sphère publique vers des offres au plus haut niveau de maturité en matière de sécurité. »
L’approche préconise la cartographie des cas d’usage, la démonstration de leur efficacité et l’obtention d’un retour sur investissement probant avant tout déploiement à grande échelle.



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