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Vingt-cinq doubleurs français attaquent des plateformes pour usurpation vocale illégale

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L’intelligence artificielle franchit une nouvelle ligne rouge dans l’industrie du doublage. Des plateformes américaines commercialisent illégalement des reproductions vocales d’artistes français sans leur consentement ni rémunération. Une affaire qui révèle les dérives d’un secteur encore mal encadré.

Un vol caractérisé dénoncé par vingt-cinq artistes

Ils prêtent leurs voix aux plus grandes stars hollywoodiennes depuis des décennies. Richard Darbois, doublure française d’Harrison Ford, et Françoise Cadol, voix d’Angelina Jolie, font partie des 25 comédiens qui ont découvert l’exploitation frauduleuse de leurs performances vocales.

Les voix de ces professionnels, qui incarnent également Sandra Bullock ou Richard Gere en version française, se retrouvent proposées à la vente sur des plateformes d’IA américaines. Aucun accord préalable n’a été sollicité, aucune rémunération versée.

Une riposte juridique immédiate

Face à ce qu’ils qualifient de vol pur et simple, les doubleurs lésés ont mandaté Me Jonathan Elkaim pour défendre leurs droits. L’avocat a rapidement engagé des procédures contre les sociétés Fish Audio et VoiceDub.

Les mises en demeure transmises aux plateformes exigent le retrait sous huit jours de tous les modèles vocaux clonés. Chaque artiste réclame par ailleurs 20 000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi.

Le droit français comme fondement juridique

La stratégie contentieuse s’appuie sur l’application du droit français. Ces services ciblant directement le public francophone et étant accessibles depuis l’Hexagone, la législation nationale s’impose aux opérateurs étrangers.

Des retraits obtenus après intervention

Les résultats ne se sont pas fait attendre. VoiceDub a promptement supprimé les contenus litigieux de sa plateforme. Fish Audio a manifesté davantage de résistance avant de céder finalement aux exigences légales.

L’ensemble des voix clonées appartenant aux 25 doubleurs a été retiré des catalogues proposés aux utilisateurs de ces services d’intelligence artificielle.

Des précédents emblématiques à Hollywood

Cette affaire n’est pas isolée dans le paysage audiovisuel mondial. En 2023, Scarlett Johansson s’était opposée à OpenAI dans un litige similaire concernant l’utilisation non autorisée de caractéristiques vocales.

Matthew McConaughey a également pris les devants en sécurisant juridiquement sa voix et son image contre toute exploitation par des systèmes d’IA sans son consentement explicite.

Une mobilisation croissante contre l’IA générative

Le combat dépasse désormais les actions individuelles. En France, le collectif Touche pas à ma VF milite activement pour préserver un doublage exclusivement réalisé par des comédiens humains.

Au niveau européen, l’Union Européenne a franchi un cap symbolique en interdisant les images générées par IA dans l’ensemble de ses communications institutionnelles, marquant une volonté de régulation accrue.

Il suit de près l’évolution des outils d’intelligence artificielle et des innovations numériques. Spécialisé dans les usages concrets de l’IA, il teste, compare et explique les solutions qui transforment la productivité, la création de contenu et l’automatisation au quotidien.

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