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Oracle mise 300 millions pour sécuriser l’énergie nucléaire de ses data centers

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Les géants de la tech multiplient les stratégies pour sécuriser leur approvisionnement énergétique face à l’explosion des besoins liés à l’intelligence artificielle et au cloud computing. Entre investissements massifs dans le nucléaire et tensions réglementaires, le secteur des centres de données entre dans une nouvelle ère énergétique marquée par des défis financiers et environnementaux sans précédent.

Un investissement nucléaire majeur dans le Wisconsin

Oracle franchit un cap décisif en annonçant son intention de racheter près de 300 millions de dollars de coûts de combustible liés à la centrale nucléaire de Point Beach, située dans le Wisconsin. Cette opération reste toutefois conditionnée à l’accord des autorités de régulation locales.

L’entreprise technologique s’appuie sur un dispositif existant avec We Energies, qui dispose d’un contrat d’achat auprès de NextEra Energy pour la production électrique de la centrale. Oracle entend souscrire à une portion significative de cette énergie pour alimenter ses infrastructures.

Un précédent accord portait déjà sur 86 % de la production sur une période de vingt ans avec We Energies, dans l’objectif de diminuer les dépenses comparées au contrat en vigueur. Cette démarche s’inscrit dans le développement du projet Lighthouse à Port Washington, où Oracle s’est engagé à financer intégralement les coûts énergétiques.

La FERC suspend une acquisition de capacités par PJM

Sur le front réglementaire, la Commission fédérale de régulation de l’énergie (FERC) a validé mais suspendu jusqu’au 28 février 2027 un achat d’urgence de capacités électriques orchestré par PJM, le gestionnaire de réseau desservant 13 États américains.

Les régulateurs émettent des réserves importantes concernant la méthode de répartition des coûts proposée par PJM. Cette suspension témoigne des interrogations croissantes autour du financement des infrastructures nécessaires aux centres de données.

Une révision approfondie des demandes

Face à cette situation complexe, PJM a mandaté un consultant indépendant, Charles River Associates, pour examiner en détail les requêtes émanant des opérateurs de centres de données. Cette analyse doit permettre d’établir un cadre plus transparent.

Parallèlement, la FERC a lancé une procédure formelle portant sur plusieurs aspects critiques : les modalités de répartition des coûts, les règles de sortie pour les gestionnaires de transport et les garanties financières exigées. PJM dispose jusqu’au 29 octobre pour soumettre une nouvelle demande, faute de quoi la procédure écrite actuelle se poursuivra.

Amazon défend les centres de données contre les accusations

Le géant du commerce en ligne et du cloud computing a publié un document d’engagement stipulant que les centres de données doivent assumer les coûts de l’énergie consommée ainsi que des infrastructures indispensables à leur fonctionnement.

Amazon conteste vigoureusement l’idée selon laquelle les data centers seraient responsables de l’ensemble des augmentations tarifaires de l’électricité, qualifiant cette affirmation de « trompeuse ». L’entreprise souligne que la FERC reconnaît la compétence des États en matière de répartition des coûts.

Des initiatives émergent pour imputer précisément ces dépenses aux centres de données ayant effectivement contribué à l’accroissement de la demande énergétique, plutôt que de les mutualiser sur l’ensemble des consommateurs.

Des collectivités locales prennent des mesures drastiques

Le comté d’Osceola, en Floride, a décidé de geler tous les projets de centres de données jusqu’en juillet 2027, le temps qu’un rapport d’évaluation soit finalisé. Cette pause reflète les inquiétudes croissantes des autorités locales sur l’impact de ces infrastructures.

Le Texas s’attaque à la question de l’eau

Au Texas, le procureur général a ouvert une enquête visant spécifiquement les centres de données et leur consommation d’eau. Cette ressource devient un enjeu majeur dans un État régulièrement confronté à des épisodes de sécheresse.

Les prochaines échéances à surveiller

L’industrie attend désormais plusieurs événements décisifs. Charles River Associates doit présenter ses conclusions en octobre, tandis que PJM devra déposer une nouvelle demande avant la fin octobre.

Concernant Oracle, le dossier relatif à son investissement dans la centrale de Point Beach sera examiné par la Commission des services publics du Wisconsin dans les prochains mois. Cette décision pourrait créer un précédent pour d’autres entreprises technologiques.

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