La France se positionne pour accueillir une Gigafactory IA européenne décarbonée
La course à la puissance de calcul s’intensifie en Europe. Dans un contexte où l’intelligence artificielle redéfinit les équilibres technologiques mondiaux, la capacité à produire et à héberger des infrastructures de calcul massives devient un enjeu de souveraineté numérique majeur. La France entend bien jouer sa carte dans cette compétition acharnée.
Un regroupement inédit d’industriels français
Le consortium AION vient de voir le jour, réunissant huit mastodontes de l’industrie tricolore. Parmi eux figurent EDF, Orange, le Groupe Iliad, Capgemini ou encore Scaleway, tous mobilisés autour d’une ambition commune.
Leur objectif est clair : accueillir sur le territoire national l’une des cinq AI Gigafactories que l’Union européenne s’apprête à financer dans le cadre du programme InvestAI. Cette infrastructure souveraine compterait plus de 100 000 processeurs dédiés à l’intelligence artificielle.
Une alimentation énergétique décarbonée
L’atout majeur de cette candidature repose sur une promesse énergétique : alimenter l’ensemble de l’installation grâce à l’électricité nucléaire bas carbone. Un argument de poids dans une Europe soucieuse de son empreinte environnementale.
InvestAI : un programme de 20 milliards d’euros
En janvier 2026, l’Union européenne a franchi un cap décisif en adoptant un amendement visant à créer des usines géantes d’intelligence artificielle. Le programme InvestAI mobilise ainsi 20 milliards d’euros pour financer jusqu’à cinq installations stratégiques.
L’engouement est considérable : 76 expressions d’intérêt provenant de 60 sites répartis dans 16 États membres ont été déposées, représentant un investissement potentiel de 230 milliards d’euros.
Une chaîne de valeur complète
Le consortium AION ne laisse rien au hasard. Ses membres couvrent l’intégralité du spectre technologique nécessaire au fonctionnement d’une telle infrastructure.
Bull apporte son expertise en supercalculateurs, tandis que Scaleway et le Groupe Iliad se chargent du cloud. Orange garantit les réseaux et la cybersécurité, EDF fournit l’électricité, Capgemini assure l’intégration et le conseil en IA, Artefact gère le déploiement opérationnel, et Ardian apporte l’investissement industriel.
Un soutien académique et industriel massif
Au-delà des huit membres fondateurs, vingt partenaires technologiques, académiques et industriels renforcent la candidature. Parmi eux : Hugging Face, Kyutai, SiPearl ou encore l’INRIA.
L’atout énergétique tricolore
La France joue une carte maîtresse avec son mix énergétique unique. Grâce au nucléaire et à l’hydraulique, l’électricité hexagonale est décarbonée à 95 %, abondante et compétitive.
Dans un secteur où les besoins énergétiques explosent, EDF et son électricité bas carbone constituent un avantage différenciant majeur pour la candidature d’AION.
Une concurrence européenne féroce
La bataille s’annonce rude. Les pays nordiques proposent une électricité encore moins coûteuse, tandis que l’Allemagne et les Pays-Bas disposent de hubs numériques déjà matures.
Le Portugal a déjà marqué des points en sécurisant un investissement colossal de 10 milliards de dollars de la part de Microsoft.
Un verdict attendu dans les prochains mois
La sélection formelle des cinq sites AI Gigafactories devrait intervenir dans les prochains mois. La France, portée par le consortium AION, espère figurer parmi les élus, mais la compétition reste ouverte.
L’enjeu dépasse largement le cadre technologique : il s’agit de positionner durablement le pays dans la révolution de l’intelligence artificielle qui redessine les cartes de la puissance économique mondiale.



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