Anthropic : reconnaissance faciale et données transmises sans jugement dès 2026
Les conditions d’utilisation des services d’intelligence artificielle évoluent rapidement, et pas toujours dans le sens attendu par les défenseurs de la vie privée. La nouvelle politique de confidentialité d’Anthropic, qui entrera en vigueur dans deux ans, marque un tournant significatif dans la collecte et l’utilisation des données personnelles.
Une reconnaissance faciale pour vérifier l’identité des utilisateurs
À compter du 8 juillet 2026, Anthropic introduira un système de vérification d’identité particulièrement intrusif. Les utilisateurs de Claude pourraient devoir fournir bien plus qu’un simple document d’identité.
Le processus envisagé comprend la numérisation de pièces officielles, mais également des captures vidéo du visage. Plus inquiétant encore, l’entreprise prévoit l’extraction de modèles de géométrie faciale, des données biométriques particulièrement sensibles.
Ces informations ne seront pas traitées directement par Anthropic, mais confiées à Yoti, un prestataire externe spécialisé dans la vérification d’identité. Une sous-traitance qui soulève des questions sur le contrôle effectif des données collectées.
Des données transmissibles aux autorités sans intervention judiciaire
Le volet le plus controversé de cette nouvelle politique concerne les relations avec les forces de l’ordre. Anthropic se réserve désormais le droit de transmettre des informations personnelles sans ordonnance.
Cette décision repose uniquement sur une appréciation interne qualifiée de « bonne foi » par l’entreprise. Un critère subjectif qui laisse une marge d’interprétation considérable aux équipes d’Anthropic.
Un flou juridique pour les utilisateurs européens
La compatibilité de cette pratique avec le droit de l’Union européenne reste incertaine, particulièrement pour les résidents de l’Espace économique européen. Les législations européennes imposent généralement des garanties procédurales strictes avant toute transmission de données.
Pour les utilisateurs français, le responsable du traitement sera Anthropic Ireland Limited, la filiale irlandaise de l’entreprise. Les transferts de données hors Union européenne s’appuieront sur des décisions d’adéquation ou des clauses contractuelles types.
Vos conversations utilisées pour entraîner l’intelligence artificielle
La nouvelle politique précise également les conditions d’utilisation des échanges entre utilisateurs et l’IA. Les conversations signalées par les systèmes de modération pourront servir à l’entraînement des modèles, même si les utilisateurs s’y opposent explicitement.
Cette disposition retire de facto aux utilisateurs le contrôle sur leurs propres données dès lors qu’un système automatisé les identifie comme problématiques.
Des responsabilités diluées avec les partenaires tiers
Concernant les données transmises à des services externes, Anthropic se décharge de toute responsabilité. Les informations sortantes relèveront des conditions spécifiques à chaque partenaire, sans garantie de confidentialité de la part de l’entreprise.
Une architecture complexe qui fragmente la protection des données entre multiples acteurs, compliquant considérablement l’exercice des droits des utilisateurs.



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