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Assurance maladie : 280 M€ pour briser la dépendance aux géants tech

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Face à l’envolée des coûts et aux risques de dépendance technologique, l’Assurance maladie engage un virage stratégique majeur. Avec un budget colossal et des centaines de recrutements prévus, l’institution lance une véritable offensive pour reprendre le contrôle de son infrastructure numérique.

Un budget massif pour reconquérir la souveraineté technologique

La direction des systèmes d’information de la Caisse nationale d’assurance maladie, pilotée par Bintou Boïté, mobilise 280 millions d’euros pour son ambitieux projet de transformation. Cette initiative concerne près de 1300 collaborateurs qui œuvrent quotidiennement au maintien et à l’évolution de l’infrastructure informatique de l’organisme.

L’objectif affiché : échapper à l’emprise des géants technologiques américains et mettre un terme à l’inflation galopante des licences logicielles. Pour y parvenir, la Cnam prévoit d’abandonner progressivement des solutions comme Microsoft Office, OpenShift et VMware d’ici 2025.

450 recrutements pour réduire la sous-traitance

Le plan de transformation s’appuie sur un recrutement massif de 450 postes, dont 360 à 370 dédiés spécifiquement à la direction informatique. Cette montée en puissance des effectifs vise à ramener le taux d’externalisation de 50% à 41%.

Cette réinternalisation des compétences s’accompagne d’une restructuration organisationnelle profonde. Les équipes sont centralisées pour harmoniser les pratiques et permettre une mutualisation efficace des ressources entre les différents services.

LaSuite, l’alternative française à Microsoft Office

Parmi les initiatives les plus emblématiques, la Cnam expérimente LaSuite, une plateforme collaborative française destinée à remplacer les outils Microsoft. Ce projet pilote illustre la volonté de l’institution de basculer vers des solutions Open Source.

L’organisme ne se contente pas d’utiliser ces technologies libres : il contribue activement à leur développement. Une équipe dédiée à l’indépendance numérique a été constituée pour piloter cette transition stratégique.

Un tiers de ressources en Open Source

La stratégie vise à porter à un tiers la part des ressources Open Source dans l’infrastructure globale. Cette diversification technologique permet de limiter les risques de rupture numérique à long terme et d’éviter une dépendance excessive envers un seul fournisseur.

20 000 jours dédiés à la dette technique chaque année

La Cnam sanctuarise 20 000 jours homme par an pour traiter la dette technique accumulée. Cette allocation de ressources garantit que les systèmes existants restent performants et sécurisés, même pendant la phase de transformation.

Parallèlement, l’institution modernise son infrastructure avec une plateforme PaaS basée sur OpenShift. Cette évolution technique vise à améliorer le Time-To-Market et accélérer le déploiement de nouveaux services.

Cartographie des systèmes pour plus d’efficacité

Une cartographie détaillée des systèmes d’information a été entreprise pour optimiser la coordination entre les directions métiers. Cette vue d’ensemble permet d’identifier les redondances et d’harmoniser les processus de développement.

Des ambitions qui dépassent les frontières de l’institution

Au-delà de ses propres besoins, la Cnam réfléchit à ouvrir ses hébergements à des tiers de la sphère sociale ou du secteur public. Cette mutualisation pourrait permettre à d’autres organismes de bénéficier des infrastructures sécurisées développées.

L’industrialisation de la production de projets figure parmi les priorités futures, tout comme le renforcement des compétences internes sur les technologies stratégiques : cloud, data et intelligence artificielle.

Une transition sans migration massive vers le cloud

Contrairement à certaines idées reçues, la stratégie de la Cnam n’implique pas une migration massive vers le cloud interne. L’approche privilégiée consiste plutôt à gérer intelligemment les licences existantes et à rechercher des alternatives viables au cas par cas.

Cette prudence vise à prévenir les risques financiers et technologiques liés à des changements trop brutaux. La sécurisation des hébergements et des investissements reste une priorité absolue pour absorber les volumes croissants et accompagner les évolutions technologiques.

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