Cloud : trois acteurs français décrochent un label pour protéger les données sensibles
Face à la domination des mastodontes américains du cloud et aux inquiétudes grandissantes concernant la protection des données sensibles, l’Europe accélère sa stratégie d’autonomie numérique. Une démarche qui s’inscrit dans un contexte de tensions réglementaires entre le RGPD européen et le Cloud Act américain.
Trois français et un espagnol franchissent une étape décisive
Quatre fournisseurs européens de services cloud viennent d’intégrer le programme de certification « Sovereign and Resilient Cloud Service » du Cispe. Il s’agit d’Etix, Phocea DC et Thésée Datacenter, tous trois basés en France, ainsi que de l’espagnol Gigas.
Ces opérateurs ont entamé la phase d’autocertification et leurs services sont actuellement soumis à un audit indépendant. L’objectif : vérifier leur conformité aux exigences strictes du label de souveraineté.
Le Cispe, gardien des intérêts européens dans le cloud
Le Cispe est une association professionnelle sans but lucratif qui défend les intérêts des fournisseurs européens de services IaaS auprès des institutions européennes et des autorités de régulation.
Cette structure joue un rôle central dans la construction d’une véritable alternative européenne face aux acteurs internationaux.
Quand la législation américaine menace les données européennes
Les préoccupations de l’Union européenne ne sont pas infondées. Le Cloud Act américain autorise le gouvernement des États-Unis à accéder aux données stockées par des opérateurs cloud américains, même lorsque ces informations sont hébergées en dehors du territoire américain.
Cette disposition législative entre en contradiction directe avec le RGPD, le règlement européen sur la protection des données personnelles. Les organismes publics européens redoutent particulièrement cette exposition à des prestataires américains.
Des secteurs stratégiques en première ligne
Les hôpitaux, les administrations publiques et les opérateurs industriels figurent parmi les structures les plus sensibles à ces enjeux de souveraineté.
Une garantie concrète face aux discours creux
Antoine Fournier, PDG de Thésée Datacenter, souligne l’importance de cette certification : « Les organismes publics, les hôpitaux et les opérateurs industriels recherchent aujourd’hui des garanties concrètes en matière de souveraineté numérique. Le label de souveraineté Cispe apporte cette garantie. Il constitue un complément naturel aux normes européennes telles que Gaia-X niveau 3, renforçant ainsi la transparence, la conformité et la confiance numérique. C’est cette capacité à fournir des preuves concrètes, au-delà de la rhétorique, qui sous-tend une véritable autonomie numérique européenne. »
La bataille contre le « sovereignty washing »
L’Union européenne intensifie sa lutte contre le « sovereignty washing », ces pratiques trompeuses où des fournisseurs étrangers affirment répondre aux exigences de contrôle local sans preuve tangible.
Le Cispe a notamment réagi face aux déclarations de Broadcom, contestant les affirmations de l’entreprise concernant sa conformité aux conditions européennes.
Cette vigilance traduit une volonté européenne de privilégier la substance aux apparences dans le domaine stratégique du cloud computing.



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