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Cybersécurité : l’administration française débordée par l’usage incontrôlé de l’IA

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L’administration française fait face à un double défi : la montée en puissance incontrôlée de l’intelligence artificielle générative dans les services publics et une explosion des cyberattaques. Entre innovation technologique et failles de sécurité, les collectivités territoriales naviguent à vue, souvent démunies face à ces enjeux stratégiques.

Un usage massif de l’IA générative sans encadrement

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 50% des agents publics ont recours à ChatGPT ou à des outils similaires dans l’exercice de leurs fonctions. Cette utilisation se fait sans cadre ni supervision appropriés, créant une zone grise préoccupante pour la sécurité des données.

Loin de vouloir freiner cette tendance, la majorité des agents souhaite intensifier cet usage pour améliorer l’efficacité administrative. Cette aspiration légitime se heurte toutefois à l’absence de solutions institutionnelles adaptées.

Les cyberattaques frappent massivement les collectivités

Le secteur public représente une cible privilégiée pour les cybercriminels. En 2025, pas moins de 144 communes françaises ont été victimes de cyberattaques, dont 25 ont subi des attaques par ransomware.

Les ministères et collectivités territoriales concentrent 24% des incidents de cybersécurité recensés sur le territoire national. Une vulnérabilité qui s’explique notamment par un sous-équipement chronique.

Des coûts financiers et humains considérables

Les conséquences de ces attaques se mesurent tant en euros qu’en ressources humaines mobilisées. La ville de Lille a dû débourser 1 million d’euros pour se relever d’une cyberattaque.

D’autres communes de taille plus modeste n’ont pas été épargnées : 230 000 euros pour Mitry-Mory, tandis que Villers-Saint-Paul a investi 58 000 euros et mobilisé deux équivalents temps plein pendant trois mois.

Le « Shadow AI », une menace pour la souveraineté numérique

L’utilisation d’outils d’IA générative, principalement américains, sans encadrement constitue ce que les experts appellent le « Shadow AI ». Ce phénomène expose les données sensibles de l’administration à des risques majeurs.

Ces informations transitent par des serveurs externes à l’Union européenne, avec un risque de réutilisation non contrôlée par des acteurs étrangers. La souveraineté numérique française se trouve ainsi directement menacée.

Des collectivités démunies face aux enjeux numériques

Le problème trouve en partie sa source dans le manque de moyens. Les communes sont souvent sous-équipées en personnel informatique et en spécialistes de la cybersécurité.

L’État a bien déployé un assistant souverain, mais l’accès à cet outil reste restreint, laissant de nombreux agents se tourner vers des solutions alternatives non sécurisées.

L’émergence d’un écosystème français de solutions

Face à ces défis, des initiatives territoriales voient le jour. 24 collectivités se sont engagées dans des concertations spécifiquement dédiées à l’intelligence artificielle et à son intégration sécurisée.

Plusieurs régions montrent la voie : les Hauts-de-France, la Bretagne et l’Occitanie développent des stratégies structurées en matière de cybersécurité.

Des solutions respectueuses de la souveraineté

Un écosystème français émerge progressivement pour encadrer l’usage de l’IA dans les collectivités. Ces acteurs proposent des solutions simples et respectueuses de la souveraineté numérique, adaptées aux besoins et contraintes des administrations locales.

Un besoin d’accompagnement plutôt qu’une incompétence

Le recours massif au « Shadow AI » ne traduit pas un manque de compétence de la fonction publique. Il reflète avant tout un besoin d’encadrement et de solutions adaptées aux réalités du terrain.

Les agents publics cherchent à moderniser leurs pratiques et à gagner en efficacité. Sans outils institutionnels à leur disposition, ils se tournent naturellement vers les solutions disponibles, au risque de compromettre la sécurité des données dont ils ont la charge.

Il suit de près l’évolution des outils d’intelligence artificielle et des innovations numériques. Spécialisé dans les usages concrets de l’IA, il teste, compare et explique les solutions qui transforment la productivité, la création de contenu et l’automatisation au quotidien.

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