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Google poursuivi : la presse française exige sa part face à l’IA

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Le bras de fer s’intensifie entre les acteurs de la presse française et le géant américain du numérique. L’utilisation massive de contenus journalistiques par les outils d’intelligence artificielle soulève des questions cruciales sur la rémunération et le respect des droits d’auteur. Une nouvelle bataille juridique vient de s’ouvrir.

Une plainte officielle déposée en août 2026

Le 11 août 2026, l’Alliance de la presse d’information générale (Apig) a franchi un cap décisif. L’organisation a saisi l’Autorité de la concurrence pour dénoncer les pratiques de Google liées au déploiement de ses fonctionnalités AI Overviews et AI Mode sur le territoire français.

Cette action en justice cible spécifiquement la manière dont le moteur de recherche intègre ces nouvelles technologies sans concertation préalable avec les professionnels du secteur.

Des engagements non respectés selon les éditeurs

L’Apig reproche à Google de ne pas honorer les engagements pris en juillet 2022. Ces derniers portaient notamment sur trois piliers essentiels : la négociation, la transparence et la non-discrimination.

Marc Feuillée, président de l’Apig, ne mâche pas ses mots : « Faute de négociation équitable et transparente, nous saisissons les autorités chargées de la faire respecter. »

Les éditeurs dénoncent l’absence de discussion préalable avant le lancement de ces outils d’IA. Ils estiment avoir été placés devant un choix contraint, sans possibilité réelle de négociation.

La question centrale de la rémunération

Au cœur du litige se trouve la rémunération des contenus journalistiques exploités par les systèmes d’intelligence artificielle. L’Alliance rappelle que la législation impose une compensation financière pour toute utilisation de productions de presse.

Benoît Cœuré, président de l’Autorité de la concurrence, a d’ailleurs clarifié la position institutionnelle : « Les contenus protégés qui seraient utilisés par AI Overviews doivent faire l’objet d’une rémunération au titre du droit voisin. »

Un cadre légal déjà établi depuis 2019

La France fait figure de pionnière en Europe sur cette question. Elle a été le premier pays de l’Union européenne à transposer la directive sur le droit voisin, par une loi adoptée le 24 juillet 2019.

Ce texte impose clairement deux obligations : obtenir une autorisation et verser une rémunération pour l’exploitation des contenus de presse.

Un historique de sanctions contre Google

Ce n’est pas la première fois que Google se trouve dans le viseur des autorités françaises. Le géant du web a déjà été sanctionné à deux reprises pour des pratiques jugées déloyales.

En avril 2020, une première condamnation portait sur des manquements aux règles de concurrence. Puis, en juillet 2021, une amende de 500 millions d’euros a été infligée à l’entreprise pour non-respect des injonctions précédentes.

Meta également dans le collimateur

Le 8 juillet 2026, l’Autorité de la concurrence a prononcé quatre injonctions conservatoires à l’encontre de Meta. Cette décision faisait suite à une autre saisine de l’Apig, démontrant la détermination des éditeurs à faire valoir leurs droits.

Des conséquences mesurables sur l’audience

Au-delà des aspects juridiques, l’impact économique se fait déjà sentir. Plusieurs études indépendantes ont mis en évidence une baisse sensible du trafic sur les sites d’information depuis le déploiement des AI Overviews en France.

Cette diminution de l’audience menace directement le modèle économique des médias, qui repose en grande partie sur les revenus publicitaires générés par les visites sur leurs plateformes.

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