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Le datacenter FDJ de Vitrolles, pilier technologique des jeux en France

Centre Données FDJ

Au cœur de la région marseillaise se cache l’un des centres névralgiques les plus stratégiques du jeu en France. Depuis près d’un demi-siècle, ce site discret traite chaque seconde des milliers de transactions sensibles, assurant le fonctionnement d’un système où hasard et haute technologie se rencontrent dans un environnement ultra-sécurisé.

Un site historique aux capacités impressionnantes

Implanté à Vitrolles depuis 1976, le Campus IT de la Française des Jeux (FDJ) constitue la colonne vertébrale technologique du groupe. Ce qui était autrefois un simple centre de traitement des paris sur cartes perforées pour la région sud s’est transformé en une infrastructure critique d’envergure nationale.

Le site gère aujourd’hui près de 25 milliards de prises de jeux annuelles et héberge un centre d’appels dédié aux 29 000 commerçants partenaires. Les pics d’activité sont révélateurs de cette puissance : 343 transactions par seconde enregistrées le 22 janvier, avec des pointes atteignant 1 050 transactions par seconde.

Au-delà des jeux traditionnels, le campus assure également des services de collecte pour la Direction générale des Finances publiques et gère les services de paiement de l’offre Nirio pour une trentaine d’opérateurs, notamment dans les secteurs autoroutier et immobilier.

Dans les entrailles du datacenter

Une architecture redondante et sécurisée

Le cœur technologique du campus repose sur deux salles informatiques principales, semi-enterrées et distantes de 300 mètres l’une de l’autre. Ces espaces identiques de 500 m² chacun fonctionnent en équilibrage de charge et sont surveillés 24h/24 par sept équipes de trois collaborateurs.

« Comme l’arrivée des fibres, ce matériel est hébergé dans une enclave sécurisée au sein de la salle sécurisée. Nul ne peut y accéder seul et ne peut toucher le GDA, faute de quoi il se bloque. Et les règles de génération d’aléas sont modifiées toutes les 15 minutes », explique Roland Marzo, directeur technique du groupe, à propos du Gestionnaire d’aléas, ce serveur spécialisé qui produit les résultats des jeux numériques.

La résilience est au cœur du dispositif avec deux générateurs de 1000 chevaux par salle et des citernes garantissant 17 jours d’autonomie. Le système de batteries au plomb prend le relais pendant les 15 secondes critiques de démarrage des générateurs.

Technologies et modernisation

Depuis 2018, le groupe a investi 250 millions d’euros dans son datacenter, privilégiant désormais les technologies OpenStack et Kubernetes pour gérer ses quelque 17 000 serveurs logiques et 2 pétaoctets de stockage.

L’entreprise a récemment franchi un cap important en se séparant de ses mainframes historiques. « A mon arrivée dans l’entreprise en 2016, on me parlait déjà d’un décommissionnement prévu pour l’année suivante, s’amuse Roland Marzo. Le projet a finalement duré 9 ans, car c’est une plateforme très complexe à retirer, ses composants étant intimement liés à des flux de comptabilité et de trésorerie. »

Le monitoring constitue un autre pilier de cette infrastructure avec 3,4 millions de graphes et « méta-graphes » disponibles pour les équipes techniques.

Une stratégie de résilience renforcée

Un nouveau site actif-actif à Marseille

Face aux risques potentiels, la FDJ déploie une nouvelle stratégie de continuité d’activité. Un site de secours actif-actif vient d’ouvrir sur le port autonome de Marseille, en colocation dans un datacenter Digital Realty.

Contrairement à l’ancienne salle de secours passive, cette nouvelle infrastructure fonctionnera en tandem avec Vitrolles et traitera environ 30% des paris. Les premiers tests grandeur nature sont prévus dès la troisième semaine de mars.

« Auparavant, avec notre salle de secours passive, redémarrer aurait demandé deux à trois semaines », souligne Roland Marzo. Ce nouveau dispositif vise à couvrir des risques majeurs comme un crash d’avion ou des incendies, Vitrolles ayant déjà frôlé le drame en 2016.

La proximité géographique reste une contrainte majeure : « Pour éviter des décalages de paris, nous ne pouvons pas nous éloigner de plus de 30 km de Vitrolles », résume le directeur technique.

Une approche prudente du cloud

Contrairement à de nombreuses entreprises, la FDJ limite son utilisation du cloud à seulement 3% de sa production. Cette technologie est réservée à certains besoins B2B, à l’élasticité des front-office et à des applications data et IA.

Le groupe utilise toutefois cette flexibilité pour ses opérations internationales, notamment pour gérer les paris sportifs de l’opérateur local en Ontario, au Canada. Ce système, adapté au cloud et hébergé chez AWS, reste néanmoins exploité depuis Vitrolles.

Un acteur majeur en pleine transformation

Le Campus IT de Vitrolles emploie aujourd’hui environ 500 collaborateurs FDJ et 200 prestataires. Il s’inscrit dans la stratégie globale de FDJ United, nouveau nom du groupe depuis l’acquisition d’Unibet en 2024.

Avec un chiffre d’affaires de 3,8 milliards d’euros en 2024, l’entreprise poursuit sa transformation numérique tout en conservant ses fondamentaux technologiques. Une stratégie qui illustre parfaitement le délicat équilibre entre innovation et fiabilité dans un secteur où chaque transaction compte.

Il est spécialisé dans les outils d’IA appliqués au travail et à l’entrepreneuriat. Automatisation, no-code, assistants intelligents, IA pour les entreprises : il explore les solutions qui font gagner du temps et améliorent l’efficacité. Sa priorité : proposer des conseils pratiques, testés et réellement utiles.

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