Meta AI et Muse : champions de la collecte intrusive de données personnelles
L’intelligence artificielle s’immisce chaque jour davantage dans nos vies quotidiennes. Mais à quel prix pour notre vie privée ? Une récente analyse révèle des pratiques de collecte de données très disparates selon les assistants virtuels, avec des champions particulièrement voraces en informations personnelles.
Les applications de Meta en tête du classement
Le géant des réseaux sociaux rafle la palme des applications IA les plus intrusives. Muse et Meta AI trustent les deux premières places du classement établi par l’entreprise de cybersécurité Surfshark.
Meta AI se distingue avec 33 types de données différentes collectées, tandis que Muse n’est pas en reste avec 31 catégories d’informations récoltées auprès de ses utilisateurs.
Une collecte justifiée par l’interconnexion
Selon Surfshark, cette appétence pour les données s’explique par le fonctionnement même des agents IA. Ces assistants virtuels doivent se connecter à de multiples services externes, ce qui rend leur collecte d’informations nettement plus intrusive.
Par ailleurs, Meta exploite les conversations des utilisateurs avec Muse pour alimenter l’apprentissage de ses modèles d’intelligence artificielle. Une pratique qui perdure sauf désactivation manuelle effectuée par l’utilisateur lui-même.
Des écarts considérables entre les différentes plateformes
Pi, l’élève modèle de la confidentialité
L’étude portant sur 13 applications d’intelligence artificielle révèle une moyenne de 14,5 types de données collectées. Mais les variations sont spectaculaires d’une plateforme à l’autre.
Pi se positionne comme la solution la plus respectueuse de la vie privée avec seulement 3 types de données récupérées. Un contraste saisissant avec les produits Meta.
ChatGPT et les autres acteurs
ChatGPT maintient sa collecte à 17 types de données, sans évolution récente. De leur côté, Gemini et DeepSeek ont légèrement intensifié leurs pratiques en ajoutant chacun un type de données supplémentaire à leur arsenal.
Les données sensibles dans le viseur
Particulièrement préoccupante, la collecte d’informations sensibles ne concerne heureusement que trois applications. Meta AI, Muse et Gemini récoltent des données relatives à l’origine ethnique ou à l’orientation sexuelle de leurs utilisateurs.
Ces informations, par nature délicates, soulèvent des questions éthiques majeures quant à leur utilisation et leur protection.
La géolocalisation très prisée
Huit applications sur les treize analysées collectent les données de localisation. Parmi elles, quatre vont plus loin en récupérant une position géographique précise : Gemini, Meta AI, Muse et Perplexity.
L’utilisation de ces données varie ensuite selon les plateformes. ChatGPT et DeepSeek, par exemple, limitent l’exploitation des données audio au strict fonctionnement du service.
Publicité ciblée et pistage utilisateur
Certaines applications comme Copilot utilisent les informations collectées pour du pistage publicitaire. Apple définit cette pratique comme le croisement des données avec celles de partenaires tiers dans un objectif de publicité ciblée.
Un déploiement géographique stratégique
Meta a lancé Muse for Small Business le 29 septembre, mais uniquement aux États-Unis et au Canada. L’application n’est toujours pas déployée sur le territoire européen.
Malgré le blocage imposé par Amazon sur sa plateforme en raison de conditions d’utilisation contestées, l’agent conversationnel a connu un démarrage fulgurant. Muse a enregistré 3 millions de téléchargements en seulement trois semaines, dépassant même ChatGPT sur l’App Store américain.
La concurrence s’organise
Face à Meta, OpenAI contre-attaque avec le dévoilement des dots, des agents connectés à plus de 4 000 applications différentes. La bataille de l’intelligence artificielle s’intensifie avec des offres toujours plus intégrées.



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