SpaceX défie Google : un bond vers 13 GW d’IA d’ici 2027
La course à la puissance de calcul pour l’intelligence artificielle atteint des sommets inédits. Entre objectifs démesurés, revenus colossaux et controverses environnementales, l’entreprise d’Elon Musk bouleverse le secteur avec une stratégie agressive qui soulève autant d’enthousiasme que d’inquiétudes.
Un défi technologique titanesque
L’ambition affichée par Elon Musk confine à l’audace : SpaceX vise 13 GW de capacité de calcul d’ici fin 2027. Cette cible représente l’équivalent de ce que Google a mis 27 ans à construire, entre 1999 et 2026.
La progression s’avère rapide. En juin 2026, l’entreprise disposait d’environ 1,4 GW de capacité. Trois mois plus tard, fin septembre, ce chiffre grimpait déjà à 1,7 GW. Le patron de SpaceX avait initialement déclaré : « Nous visons 10 GW de calcul d’ici la fin de l’année prochaine », avant de rehausser cet objectif à environ 13 GW.
Rattraper le géant en un temps record
Malgré l’avance considérable de Google, SpaceX compte s’en approcher dès la fin 2027. Un pari audacieux qui repose sur des investissements massifs et une expansion sans précédent.
Des revenus qui explosent
Les chiffres témoignent de l’attractivité commerciale de cette infrastructure. En septembre dernier, un quatrième contrat de location a été signé pour 13,3 milliards de dollars par an.
Au total, les quatre accords conclus génèrent 41,1 milliards de dollars de revenus annuels prévus. La division IA a déjà rapporté 7,56 milliards de dollars lors du seul troisième trimestre 2026.
Google parmi les principaux clients
Ironiquement, Google figure à la fois comme référence et comme client majeur. Le géant technologique verse 920 millions de dollars mensuels à SpaceX pour accéder à environ 110 000 puces Nvidia.
Des partenariats stratégiques
En février dernier, SpaceX a procédé au rachat de xAI, l’entreprise d’intelligence artificielle d’Elon Musk spécialisée dans le développement de Grok. Cette acquisition renforce la verticalité de l’offre.
Les centres de données Colossus 1 et Colossus 2 sont désormais sous contrôle direct de SpaceX. Anthropic, créateur de l’assistant Claude, a également signé pour louer une partie de cette puissance considérable.
Une facture environnementale contestée
L’expansion fulgurante ne se fait pas sans dommages collatéraux. Elon Musk recourt à des moteurs reconditionnés de Boeing pour alimenter ses installations, qui nécessitent plusieurs gigawatts d’électricité.
La population locale se mobilise contre ces projets. Les riverains dénoncent le bruit, la pollution de l’eau et de l’air. Leurs inquiétudes portent sur leur santé et celle de leurs enfants.
Tensions et tentatives d’apaisement
Face à la grogne montante aux États-Unis, Elon Musk propose de racheter les logements en échange de l’abandon des poursuites. Une stratégie qui peine à convaincre les opposants les plus déterminés.
Un contexte politique défavorable
La victoire démocrate aux élections de mi-mandat aux États-Unis pourrait freiner les projets de centres de données dédiés à l’IA. Un revers pour Elon Musk qui avait investi 500 millions de dollars pour soutenir le parti républicain lors de ce scrutin, sans succès.
L’espace comme nouvelle frontière
D’ici fin 2027, SpaceX ambitionne de lancer ses premiers satellites de démonstration dédiés au calcul IA en orbite. Une montée en puissance est programmée pour 2028.
Google a déjà placé son premier satellite de test en orbite dans le cadre de son projet Suncatcher. La bataille technologique se déplace progressivement vers l’espace, ouvrant un nouveau front dans cette compétition acharnée.



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