Démission choc : inaction face au duopole cloud coûtant 500 millions de livres
La domination écrasante de deux géants américains sur le marché britannique du cloud computing provoque une onde de choc sans précédent. Un haut responsable chargé d’enquêter sur ces pratiques vient de claquer la porte, dénonçant la passivité des autorités face à une situation qui coûterait des centaines de millions de livres aux entreprises.
Une démission fracassante en signe de protestation
Kip Meek, président de la commission d’enquête britannique sur le secteur des services cloud, a jeté l’éponge. Son départ constitue un acte de protestation contre l’inaction prolongée de l’Autorité de la concurrence et des marchés (CMA).
L’enquête, lancée en octobre 2022, n’a toujours débouché sur aucune mesure concrète. Cette lenteur administrative exaspère Kip Meek qui dénonce publiquement le rythme d’escargot du régulateur britannique.
Un duopole qui verrouille le marché
Microsoft Azure et Amazon Web Services contrôlent entre 70 % et 90 % du marché britannique des services cloud. Cette position hégémonique freine considérablement les entreprises souhaitant déployer des infrastructures cloud.
David Terrar et Nicky Stewart rejoignent les critiques adressées à la CMA. Ils soulignent que malgré les constats établis l’année précédente, aucune action n’a été entreprise pour briser ce monopole de fait.
Une facture salée pour les entreprises britanniques
Selon le rapport de la CMA, le Royaume-Uni débourse environ 500 millions de livres sterling de trop en raison de cette domination sans partage. Un surcoût directement imputable à l’absence de concurrence effective.
M. McCarthy alerte sur les répercussions pour les utilisateurs professionnels. Ces derniers se trouvent privés de pouvoir de négociation face aux deux mastodontes américains, contraints d’accepter des conditions tarifaires désavantageuses.
Un enjeu crucial pour l’intelligence artificielle
M. Terrar insiste sur l’importance vitale d’un marché cloud compétitif. Le développement de l’intelligence artificielle dépend directement de l’accès à des services cloud performants et abordables.
Sans intervention régulatrice rapide, l’innovation technologique britannique risque de prendre un retard considérable face à ses concurrents internationaux.
Une mobilisation internationale qui s’organise
L’enquête britannique attire l’attention de régulateurs du monde entier. La Federal Trade Commission américaine suit de près l’évolution du dossier, tout comme plusieurs autorités européennes.
La Commission européenne a également ouvert sa propre investigation sur les services de cloud computing. Cette enquête s’inscrit dans le cadre du Digital Markets Act (DMA), le nouveau règlement européen sur les marchés numériques.
Une décision attendue d’ici fin janvier
La CMA annonce qu’elle compte trancher sur le dossier cloud avant la fin du mois. Une échéance qui suscite néanmoins beaucoup de scepticisme dans les milieux économiques.
Entreprises et experts restent dubitatifs quant à la possibilité de changements immédiats. La démission de Kip Meek laisse planer le doute sur la capacité du régulateur à imposer des mesures contraignantes aux géants du cloud.



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