Chargement en cours

L’IA au cœur d’une fraude bancaire : 95 millions volés en Europe

cyberattaque-bancaire

L’essor fulgurant des technologies d’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives, mais également des failles de sécurité inédites. Les cybercriminels exploitent désormais ces outils pour tromper les systèmes bancaires les plus sophistiqués, comme en témoigne cette affaire spectaculaire qui secoue le secteur financier européen.

Un braquage numérique d’une ampleur inédite

Fideuram, la division de banque privée du groupe italien Intesa Sanpaolo, a été la cible d’une fraude monumentale. Les escrocs ont réussi à détourner 95 millions d’euros en seulement trois jours, grâce à une manipulation technologique d’une redoutable efficacité.

L’attaque s’est appuyée sur des techniques d’imitation vocale par intelligence artificielle, combinées à des communications frauduleuses parfaitement orchestrées. Les criminels ont piégé leurs victimes en reproduisant fidèlement les voix de hauts responsables de l’établissement.

Une mise en scène digne d’un thriller

L’opération a débuté par un faux message WhatsApp, prétendument envoyé par Carlo Messina à destination de Paolo Molesini. Ce dernier, cadre supérieur de la banque, a ensuite reçu un appel vocal imitant parfaitement Paolo Nastasi.

Pour parfaire leur stratagème, les fraudeurs ont également utilisé des courriels contrefaits contenant de fausses coordonnées bancaires. Cette approche multicanale a permis de contourner les dispositifs de sécurité habituels.

Onze virements vers l’Asie

Au cours de cette période, 11 virements ont été effectués vers des comptes situés à l’étranger. La majorité des fonds a été acheminée vers la Chine et Hong Kong, selon les informations rapportées par Reuters.

C’est la banque portugaise BPI qui a finalement donné l’alerte en signalant des mouvements financiers suspects, permettant ainsi d’interrompre la séquence frauduleuse.

Une récupération partielle des fonds

Les autorités et les établissements bancaires ont réussi à récupérer plus de la moitié de la somme dérobée. Néanmoins, entre 36 et 39,5 millions d’euros demeurent introuvables à ce jour.

Les enquêteurs ont retracé un circuit financier complexe passant par Malte, le Luxembourg et les Pays-Bas. Les criminels auraient également eu recours à des services de transfert d’argent canadiens et à des portefeuilles Bitcoin pour brouiller les pistes.

Un suspect au profil mystérieux

Un individu de 48 ans, de nationalité israélienne, figure parmi les suspects principaux. Toutefois, son identité pourrait elle-même être usurpée, compliquant davantage l’enquête en cours.

Les répercussions internes à la banque

Le 12 mars 2026, Paolo Molesini a quitté ses fonctions au sein de l’établissement. Aucune explication officielle n’a été communiquée publiquement concernant ce départ.

Les autorités judiciaires ont néanmoins précisé qu’aucun responsable de Fideuram n’est actuellement visé par l’enquête pénale. Paolo Molesini n’est pas considéré comme complice dans cette affaire.

Une série de fraudes similaires en Italie

Cette attaque ne constitue malheureusement pas un cas isolé dans la péninsule. D’autres établissements financiers ont récemment subi des préjudices comparables, révélant une tendance inquiétante.

Une institution bancaire a autorisé des transferts de 24 millions d’euros après avoir reçu de faux messages. Un autre établissement a enregistré une perte d’environ 2 millions d’euros dans des circonstances similaires.

Même les personnalités publiques ciblées

L’homme d’affaires Massimo Moratti a également été victime d’une tentative d’extorsion. Les escrocs avaient cloné la voix d’un ministre italien pour tenter de lui soutirer près d’un million d’euros.

Ces multiples incidents démontrent la sophistication croissante des méthodes criminelles exploitant l’intelligence artificielle. Les institutions financières doivent désormais repenser leurs protocoles de sécurité face à cette menace émergente.

Il suit de près l’évolution des outils d’intelligence artificielle et des innovations numériques. Spécialisé dans les usages concrets de l’IA, il teste, compare et explique les solutions qui transforment la productivité, la création de contenu et l’automatisation au quotidien.

Laisser un commentaire