OpenAI en crise : ChatGPT délaissé, Claude en profite
Dans un contexte géopolitique tendu marqué par des cyberattaques contre des infrastructures cloud au Moyen-Orient, l’écosystème de l’intelligence artificielle connaît des bouleversements majeurs. Entre controverses autour de l’usage militaire de l’IA et succès d’entreprises françaises, la semaine a été riche en rebondissements pour le secteur technologique.
Des infrastructures cloud attaquées dans le Golfe
Les tensions militaires dans la région du Golfe ont eu des répercussions directes sur les centres de données d’Amazon Web Services. Plusieurs installations stratégiques ont été la cible d’attaques coordonnées.
Deux sites endommagés aux Émirats
Selon le média spécialisé The Register, des frappes de drones ont touché deux datacenters aux Émirats arabes unis. Ces attaques ont provoqué des incendies et causé d’importantes perturbations dans les services cloud de la région.
Un troisième site situé à Bahreïn n’a pas été épargné. Les impacts ont notamment affecté le service de stockage S3, entraînant des interruptions pour de nombreux clients professionnels.
Amazon recommande l’évacuation des données
Face à l’ampleur des dégâts, le géant américain a pris une mesure inhabituelle. Amazon a conseillé à ses clients de « sauvegarder leurs données ou de migrer vers d’autres zones, la restauration complète pouvant prendre plus d’un jour ».
L’entreprise de cybersécurité CrowdStrike a par ailleurs observé une « recrudescence d’activités revendiquées par des groupes hacktivistes alignés ou sympathisants de l’Iran ». Ces actions incluent des campagnes DDoS massives et des défigurations de sites web.
Des pirates informatiques liés au collectif Hydro Kitten ont clairement désigné le secteur financier comme une cible prioritaire dans leurs futures opérations.
Un partenariat controversé fait chuter OpenAI
L’annonce d’une collaboration entre OpenAI et le département de la défense américain a déclenché une vague de protestations sans précédent. Les utilisateurs américains ont massivement tourné le dos à ChatGPT.
Une hémorragie d’utilisateurs en 48 heures
Les chiffres fournis par Sensor Tower sont sans appel. Les désinstallations de l’application ont explosé de 295% en un seul week-end. Un rejet qui s’est accompagné d’une avalanche d’avis négatifs.
Les évaluations une étoile ont grimpé de 775%, tandis que les notes maximales ont été divisées par deux. Cette colère populaire s’est également traduite par un ralentissement marqué des téléchargements : -13% le samedi, suivi de -5% le dimanche.
Claude profite de la débâcle de son concurrent
L’application développée par Anthropic a su tirer profit de cette situation. Claude, qui « a refusé de livrer son IA sans contrôle au Pentagone », a enregistré des progressions spectaculaires : +37% puis +51% de téléchargements.
L’outil a même atteint la première place de l’App Store américain. Appfigures confirme qu’un samedi historique a vu Claude dépasser ChatGPT en nombre de téléchargements quotidiens aux États-Unis pour la première fois.
DeepIP confirme le dynamisme de l’IA française
Pendant que les géants américains traversent des turbulences, une jeune pousse hexagonale affiche une santé éclatante. DeepIP vient de boucler un tour de table impressionnant.
25 millions de dollars en série B
La start-up spécialisée dans les solutions d’intelligence artificielle pour la propriété intellectuelle annonce une levée de 21 millions d’euros. Ce financement de série B a été orchestré conjointement par Korelya Capital et Serena, l’investisseur derrière Dataiku.
Des fonds prestigieux comme Headline, qui soutient Mistral AI, et Balderton, présent au capital de Revolut, ont également participé à l’opération.
Une croissance fulgurante en neuf mois
Fondée en 2024 par François-Xavier Leduc et Edouard d’Archimbaud, DeepIP avait déjà sécurisé 13 millions d’euros en mars 2025. En moins de neuf mois d’existence, l’entreprise totalise désormais 35 millions d’euros levés.
Les performances commerciales suivent la même trajectoire. La société affiche une multiplication par dix de ses revenus sur les 18 derniers mois, portée par une plateforme qui s’intègre directement dans les outils professionnels existants : Word, systèmes de gestion des brevets et solutions collaboratives.



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