Chargement en cours

Paris investit 38 millions pour moderniser ses finances : un pari risqué

Modernisation Financière Paris

Un vent de renouveau souffle sur la gestion financière de la capitale française. Face à l’obsolescence programmée de son système informatique actuel, la Ville de Paris s’engage dans une transformation numérique ambitieuse et coûteuse de ses outils financiers. Ce projet d’envergure implique plusieurs acteurs institutionnels et soulève d’importants enjeux techniques et organisationnels.

Un système financier vieillissant à remplacer d’urgence

La Ville de Paris utilise depuis 2008 le système SAP ECC6 pour gérer l’ensemble de ses finances. Ce progiciel, qui arrive en fin de maintenance fin 2027, doit impérativement être remplacé pour assurer la continuité des opérations financières de la capitale.

Le projet de refondation s’avère particulièrement stratégique puisqu’il concerne la gestion d’un budget annuel d’environ 10 milliards d’euros et implique quelque 3 500 utilisateurs au sein de l’administration parisienne.

Grand Angle : le nouveau visage des finances parisiennes

Pour remplacer son système vieillissant, la municipalité a jeté son dévolu sur le progiciel Grand Angle, une solution spécialisée dans la gestion comptable et budgétaire des collectivités territoriales.

L’opération a été chiffrée à 38 millions d’euros sur 8 ans et c’est l’entreprise canadienne CGI qui a remporté ce marché d’envergure. Cette solution n’est pas inconnue dans le paysage des collectivités françaises puisque le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis l’utilise déjà avec succès.

Une mise en commun des ressources avec plusieurs institutions

Le projet ne se limite pas à la seule mairie de Paris. Il sera mutualisé avec plusieurs institutions locales :

– La métropole du Grand Paris
– Le Centre d’action sociale de la ville de Paris (CASVP)
– Paris Musées

Cette mutualisation inclut notamment le remplacement du progiciel Astre d’Inetum actuellement utilisé par le CASVP et Paris Musées.

Un déploiement à haut risque prévu d’ici 2029

La mise en production du nouveau système est programmée entre 2028 et 2029, ce qui laisse peu de marge avant la fin du support du système actuel.

La stratégie du « big bang » qui inquiète

L’aspect le plus préoccupant du projet réside dans sa méthode de déploiement. La ville a opté pour une migration en mode « big bang », c’est-à-dire un basculement total et simultané de l’ancien vers le nouveau système.

Cette approche comporte des risques significatifs en termes de continuité de service et de gestion des erreurs éventuelles, puisqu’aucun retour en arrière progressif n’est prévu en cas de problème majeur.

Une gouvernance en pleine restructuration

Pour mener à bien ce projet titanesque, une équipe dédiée est actuellement en cours de constitution. Elle intégrera notamment des experts et chefs de projet fonctionnels issus du centre de compétences Sequana et des sous-directions de la Direction des Finances et des Achats (DFA).

Anne Hidalgo, maire de Paris, a par ailleurs précisé les contours de la réorganisation de la Direction des systèmes d’information et du numérique (DSIN), structure clé dans ce projet de transformation. La DSIN s’articule désormais autour de plusieurs services techniques spécialisés dans la transformation, l’intégration et la sécurité des systèmes.

Un hébergement maintenu en local

Contrairement à la tendance actuelle qui privilégie souvent les solutions cloud, la Ville de Paris a fait le choix de maintenir un hébergement on premise pour son nouveau système financier. Cette stratégie d’hébergement local s’inscrit dans une politique plus large de maîtrise des infrastructures critiques par la municipalité.

La Cour des comptes avait d’ailleurs souligné, dans un rapport publié en août dernier, la nécessité de moderniser le système actuel, notamment en raison des coûts croissants de maintenance.

Laisser un commentaire