Chargement en cours

Pollution et justice : 46 turbines au gaz en plein scandale environnemental

parc_generateurs_industriels

Dans le Mississippi, une installation géante de traitement de données fonctionne grâce à des dizaines de générateurs au gaz naturel. Le problème ? Ces équipements tournent en continu sans la moindre autorisation environnementale. Une situation qui soulève des questions sanitaires et juridiques majeures dans une région déjà suffoquée par la pollution.

Un parc de générateurs industriels en fonctionnement permanent

L’entreprise xAI exploite 46 turbines au gaz naturel à Southaven, dans le Mississippi. Ces équipements alimentent en électricité Colossus 2, un immense centre de données installé à Memphis, Tennessee, dans un ancien entrepôt Electrolux reconverti.

Ces générateurs, des modèles Solar Titan 350, tournent sans interruption, de jour comme de nuit. Particularité troublante : aucun d’entre eux n’est soumis à un contrôle des émissions atmosphériques.

Le MDEQ, l’agence environnementale de l’État, a classé ces turbines comme « mobiles » au motif qu’elles sont fixées sur des remorques à plateau. Cette classification les exempte d’autorisation environnementale pendant douze mois.

Une interprétation réglementaire vivement contestée

Le Southern Environmental Law Center (SELC), qui représente la NAACP, rejette fermement cette interprétation administrative. Selon les juristes de l’organisation, la loi fédérale est claire.

Le Clean Air Act définit comme « stationnaire » toute source d’énergie qui n’est « ni autopropulsée, ni destinée à se déplacer pendant son fonctionnement ». Pour le SELC, des turbines boulonnées sur des remorques et raccordées en permanence à une infrastructure ne peuvent en aucun cas être qualifiées de « mobiles ».

Un vide de surveillance reconnu

L’absence de contrôle est totale. L’État n’exerce actuellement aucune surveillance sur ces installations qui fonctionnent pourtant à plein régime depuis des mois.

Des risques sanitaires dans une zone déjà fragilisée

Les conséquences potentielles inquiètent les défenseurs de l’environnement. Selon le SELC et Earthjustice, les turbines de Southaven pourraient rejeter plus de 2 500 tonnes d’oxydes d’azote (NOx) chaque année.

Ces polluants sont directement associés à l’asthme et à diverses pathologies respiratoires. Or, la région de Memphis figure déjà parmi les zones en infraction aux normes fédérales sur l’ozone.

L’American Lung Association a attribué la note « F » pour la pollution à l’ozone aux deux comtés limitrophes. Un contexte sanitaire déjà préoccupant qui risque de s’aggraver.

Un quotidien insupportable pour les riverains

Au-delà des risques pour la santé, les habitants de Southaven subissent le bruit incessant des générateurs. Une résidente a témoigné d’une « vibration sourde qui traverse les murs et empêche de dormir. »

Une escalade juridique en cours

La bataille juridique s’est intensifiée ces derniers mois. En février 2026, la NAACP a adressé une mise en demeure à xAI concernant 27 turbines fonctionnant sans autorisation.

En mars, le Mississippi a accordé un permis pour 41 turbines permanentes. Le SELC a immédiatement contesté cette décision en justice. Le mois suivant, en avril, la NAACP a déposé une plainte devant un tribunal fédéral.

Entre fin mars et début mai, xAI a installé 19 turbines supplémentaires, portant le total à 46 générateurs classés « temporaires-mobiles » par le MDEQ, toujours sans surveillance des rejets.

Une demande d’urgence déposée

Le 6 mai, la NAACP a demandé au tribunal fédéral une injonction d’urgence visant à arrêter immédiatement le fonctionnement des turbines. Une décision est attendue dans les prochaines semaines.

Le data center continue pendant ce temps son expansion dans l’ancien bâtiment industriel reconverti, alimenté par ces équipements contestés.

Il suit de près l’évolution des outils d’intelligence artificielle et des innovations numériques. Spécialisé dans les usages concrets de l’IA, il teste, compare et explique les solutions qui transforment la productivité, la création de contenu et l’automatisation au quotidien.

Laisser un commentaire