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Weytop lève 1,7 million d’euros pour révolutionner la virtualisation en 4K

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Dans un secteur technologique en pleine mutation, la virtualisation des environnements de travail s’impose comme une solution stratégique pour les entreprises et les établissements d’enseignement. Une jeune pousse française vient de franchir une étape décisive dans son développement avec l’obtention d’un financement conséquent destiné à muscler son offre innovante.

Une troisième levée de fonds prometteuse

La start-up parisienne Weytop, fondée en 2020 et incubée à Télécom Paris, vient de boucler une nouvelle opération de financement. Cette troisième levée se compose d’1,3 million d’euros en augmentation de capital, complétés par 400 000 euros de dette.

Le tour de table réunit de nouveaux partenaires financiers : le fonds nantais Ewak, les business angels Effirom et la Holding Daniel Bory. Les investisseurs historiques BLV Invest et Bpifrance renouvellent leur confiance en participant également à cette opération.

Des objectifs ambitieux de développement

Un renforcement des équipes programmé

L’injection de capitaux permettra à l’entreprise d’étoffer ses effectifs avec cinq recrutements stratégiques : un profil commercial, un product owner, un responsable support et deux développeurs supplémentaires.

Une feuille de route R&D chargée

Les investissements en recherche et développement visent plusieurs axes majeurs. L’amélioration du player constitue une priorité pour optimiser les performances graphiques : élimination de la distorsion colorimétrique, montée à 120 images par seconde et compatibilité 4K.

Par ailleurs, l’éditeur prévoit d’introduire des fonctionnalités collaboratives avec la création de groupes de travail, des pools de machines partagées et une gestion avancée des droits délégués.

Un partenariat stratégique avec Nvidia

Début 2024, Weytop a décroché un financement France 2030 consacré à la virtualisation de GPU. Partenaire de Nvidia depuis 2023, la société développe des capacités de calculs déportés d’inférence sur des processeurs graphiques serveurs.

Loïc Poujol, cofondateur et directeur général, précise l’intérêt de cette technologie : « Cela permet de ne déplacer que le calcul et pas les données et de ramener ensuite les résultats sur le poste local ».

Une solution technique performante et différenciante

Une architecture optimisée

L’offre DaaS (Desktop as a Service) de Weytop se déploie dans les infrastructures des clients ou via des partenaires cloud. Le logiciel s’appuie sur une version personnalisée de l’hyperviseur Proxmox, fonctionnant sur des serveurs bare metal Linux Debian.

Les technologies maison d’encodage, décodage et compression de flux garantissent des performances élevées avec une consommation de bande passante réduite. Basées sur WebRTC et UDP, elles nécessitent en moyenne seulement 4 Mbits/s par poste.

Des avantages pour les environnements à forte densité

La concentration de la charge côté serveur représente un atout majeur. Loïc Poujol souligne : « C’est un vrai avantage concurrentiel dans un domaine où il y a beaucoup d’utilisateurs comme les universités, écoles ou plateaux de centres d’appel ».

Il explique également : « Que l’on fasse tourner Word ou SolidWorks, c’est le taux de rafraichissement d’image qui va consommer la bande passante ». L’entreprise collabore d’ailleurs avec Dassault Systèmes : « Nous travaillions avec Dassault Systèmes sur SolidWorks actuellement pour le qualifier et le labelliser chez nous ».

Une clientèle diversifiée et en croissance

Depuis le lancement commercial en 2024, Weytop a conquis des clients de premier plan. Un contrat d’envergure avec l’Éducation Nationale a été signé en juin dernier via Unowhy. TAP Studio utilise la solution pour faire tourner des suites graphiques dédiées à la création de dessins animés.

Le portefeuille comprend également l’université de Bordeaux, l’ENAC, l’ESGI, le réseau INSA et un musée parisien. L’infrastructure gère des pics atteignant 3 000 utilisateurs quotidiens répartis sur une quarantaine de nœuds serveurs déployés.

Sécurité et authentification

La gestion des identités et l’authentification demeurent hébergées sur les serveurs de l’éditeur. Concernant les risques d’attaque de la chaîne d’approvisionnement, Loïc Poujol se veut rassurant : « Nous n’avons pas accès aux utilisateurs, les flux sont sécurisés, des bastions et un système de white list des serveurs ».

Un point de vigilance subsiste néanmoins : « S’il y a une perte de connexion chez le client on ne peut pas authentifier les utilisateurs, les sessions ne s’arrêtent pas mais on ne pourra pas en ouvrir ».

Un positionnement face aux géants américains

Face aux solutions internationales comme Workspace One d’Omnissa, Weytop assume un périmètre fonctionnel plus restreint. Le dirigeant met en avant d’autres qualités : « Nous avons un temps de rapidité de déploiement, l’absence d’évolution réseau lors du passage en VDI des clients et une très bonne qualité pour les utilisateurs ».

L’accueil des utilisateurs constitue un indicateur favorable. Loïc Poujol témoigne : « Souvent les gens râlent quand on les fait passer sur de la VDI, nous c’est plutôt l’inverse. Par exemple des équipes de chercheurs préfèrent être sur la VDI parce que c’est aussi confortable avec des fonctions en plus de snapshot, partage des pods, supervision… ».

Un modèle économique original

Contrairement aux pratiques habituelles, la facturation ne s’effectue ni à la machine virtuelle ni par utilisateur. Weytop a opté pour une licence basée sur le nombre de cœurs serveurs bare metal sollicités.

Des partenariats cloud sélectifs

L’éditeur s’appuie principalement sur Bouygues Telecom Entreprises OnCloud et Scaleway pour ses déploiements cloud. Bien que toujours référencé chez Orange Business, Weytop n’est pas convaincu par Cloud Avenue, qui remplace Flexible Engine.

D’autres offres ont été écartées : Outscale ne propose pas de bare metal, tandis qu’OVH présente un ping jugé décevant.

Des perspectives financières encourageantes

L’entreprise affiche une rentabilité établie depuis deux ans. Pour l’exercice en cours, elle vise un doublement de ses revenus issus de la vente de licences, avec des revenus attendus entre 1,5 et 2 millions d’euros.

Il suit de près l’évolution des outils d’intelligence artificielle et des innovations numériques. Spécialisé dans les usages concrets de l’IA, il teste, compare et explique les solutions qui transforment la productivité, la création de contenu et l’automatisation au quotidien.

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